Jean-Michel Sagnier : “Nous voulons mettre l’accent sur les IGP de territoires”

Publié le 05 décembre 2018

“Nous avons à communiquer largement sur l’arrivée de Terres du Midi, mais également sur les IGP de territoires qui sont au nombre de sept sur le département de l’Hérault”, a déclaré Jean-Michel Sagnier, nouveau président des IGP de l’Hérault.

Jean-Michel Sagnier est le tout nouveau président de la Fédération des vins IGP de l’Hérault. Agé de 60 ans, il est installé à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, sur 25 hectares en IGP Pays d’Oc et AOP Coteaux du Languedoc. Elu en juillet dernier, il présente les projets à venir des IGP Hérault et de territoires.

Comment se dessine le paysage des IGP dans l’Hérault ?

Jean-Michel Sagnier : “La Fédération des IGP 34 regroupe deux dénominations : l’IGP Hérault, qui rassemble 337 000 hl toutes couleurs confondues, et les IGP de territoires, qui prennent de l’ampleur depuis quelques années, et représentent 192 000 hl de vin. C’est sur ces IGP de territoires que nous voulons mettre l’accent en matière de communication. Les IGP de territoires rassemblent entre autres : l’IGP Côtes de Thau, Côtes de Thongue, Saint-Guilhem, Coteaux-d’Ensérune, Coteaux de Béziers, Haute-Vallée-de-l’Orb ou encore Vicomté d’Aumelas. Elles sont au nombre de 7, et quadrillent le département de l’Hérault. Avec Denis Verdier, président de la section IGP du CIVL et Ludovic Roux, président de Terres du Midi (rattachée à Inter Oc), nous souhaitons voir plus loin que la France, et communiquer davantage à l’export. Nous souhaitons ainsi restructurer la filière des IGP. Concernant Terres du Midi, quelques contrats ont déjà été signés.” 

Vous aviez un conseil d’administration il y a quelques jours. Quels ont été les sujets abordés ?

J-M. S. : “Nous avons parlé de Terres de Midi, car nos volumes vont en dépendre. Les IGP de département sont à l’origine de la création de cette dénomination d’assemblage à l’échelle régionale. Nous avons donc de la communication à faire. A ce titre, le Conseil départemental de l’Hérault va promouvoir les différentes dénominations IGP du département. Il a également été question du budget, car on perd 20 % d’IGP Hérault par an, en raison d’une baisse de consommation de cette IGP et une récolte 2017 qui a été très faible. En revanche, on n’a pas perdu sur les IGP de territoires qui restent à 192 000 hl. Cette année, le prévisionnel est à la hausse, cela devrait concerner plus de revendications.”

Un projet de plantations de cépages résistants est à l’étude. Que pouvez-vous en dire ?

J-M. S. : “Ce projet est initié par la section IGP du CIVL et le Conseil départemental 34. Il devrait conduire à planter 5 ha de cépages résistants du côté du Domaine des Trois Fontaines au Pouget. Dès cette année, on devrait planter une parcelle en VATE (Valeur agronomique, technologique et environnementale) de 20 variétés résistantes Bouquet et ResDur. A ce titre, une parcelle existe déjà au Domaine de Cazes. L’idée, c’est de planter six variétés résistantes sur 3 hectares : deux résistantes à la sécheresse, deux résistantes aux maladies et deux à faible degré d’alcool. Ce sujet intéresse particulièrement les caves coopératives, c’est donc dans cet esprit que nous avons choisi cet encépagement de façon cohérente. Cela nous permettra de faire de la vinification plutôt que de la micro-vinification. Nous attendons janvier/février pour déguster un large panel de variétés, et choisir celles qui seront plantées dès 2020/2021. Mais dès cette année, nous planterons la parcelle en VATE. Nous avons trouvé un espace sain, exempt de maladies qui appartient au Conseil départemental, qui financera certaines préparations, telles que l’aménagement des abords, des clôtures... Cela fait deux ou trois ans que l’on travaille sur ce projet. Par ailleurs, nous travaillerons en étroite collaboration avec les techniciens de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, car ce sont eux qui vont suivre l’évolution des variétés plantées. Ce projet participe à notre volonté de limiter les nombres de traitement sur vigne, et ainsi pouvoir vivre en bonne cohabitation avec les villages alentours.” 

Propos recueillis par Anne-Solveig Aschehoug


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