Innov’action Hérault : L’Oulivie joue la carte de la “biodiversification”

Publié le 19 octobre 2018

Parmi les “oasis” créées au milieu des oliviers, un potager en permaculture et jardin médicinal rassemblant plantes aromatiques et médicinales.

Vendredi 12 octobre, Pierre et Roch Vialla accueillaient le deuxième rendez-vous Innov’action, organisé par la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Une trentaine de participants ont ainsi pu découvrir la stratégie d’entreprise du Domaine de l’Oulivie, où la biodiversité est au cœur de l’exploitation oléicole.

Des techniques culturales aux démarches commerciales, le Domaine de l’Oulivie cherche à replacer l’homme à sa juste place dans la nature et la société. Installé à Combaillaux, ce domaine oléicole est dirigé par Pierre Vialla et son frère Roch. Historiquement, l’oliveraie a été plantée en 1957 par leur grand-père. Elle a été reprise en 1992 par Pierre Vialla, qui l’a défrichée et restaurée. Puis, il s’est associé avec son frère Roch en 2000, et a créé une boutique de vente en direct sur le domaine. L’exploitation est également passée en bio, et s’est dotée d’un moulin à huile. Très vite, “nous sommes passés en permaculture. Nous nous sommes associés à d’autres personnes, dont une herboriste, Régine Floutard, qui explique les plantes à parfum et médicinales. Nous avons mis en place un potager en permaculture, et implanté un poulailler géant de 49 poules au cœur des oliviers. Nous allons aussi planter de la vigne en agroforesterie et des chênes truffiers. L’objectif est en effet d’utiliser notre espace oléicole pour se diversifier.” Pierre Vialla annonce qu’un espace méditerranéen va être créé prochainement, et sera dédié aux cultures des pays méditerranéens avec un accent très marocain. “Nous l’implanterons au milieu des oliviers. Sous les jeunes oliviers par exemple on laisse l’herbe, mais aussi le bois de taille pour les perdreaux. En 2017, nous avons commencé à créer des oasis, c’est-à-dire un jardin de plantes médicinales et aromatiques avec le savoir-faire de Régine Floutard.” Ils auront d’ailleurs bientôt une gamme d’hydrolats à proposer.
Pierre et Roch vont planter des vignes pour fabriquer leur gamme de vinaigres. Enfin, ils vont implanter un rucher pour prouver que l’abeille vit bien dans les oliviers. “A l’Oulivie, nous avons ainsi une association de gens hétéroclytes : retraités, chercheurs, ingénieurs... L’idée c’est de développer d’autres oasis au cœur de nos oliviers”, s’enthousiasme Pierre Vialla. 

Recréer une ferme en autonomie

“Nous sommes dans des valeurs de biodiversité et culturelles, car même si nous sommes en bio, nous appauvrissons la terre. Nous devenons “superspécialisés” en monoculture. Avec cette démarche en faveur de la biodiversité, nous sommes dans un mode de culture pluridisciplinaire. En mettant en place cet espace méditerranéen, nous allons créer des espaces végétaux, et voir les alliances possibles en diversifiant nos cultures. Nous allons planter 2 000 plants de vignes dans l’oliveraie, et observer l’évolution des oliviers. L’Inra et le Cirad nous accompagnent. L’idée, c’est un concept de mini-domaine. L’objectif, c’est de recréer une ferme en autonomie”, martèle Pierre.

Créer un tourisme gourmand

Par ailleurs, pour répondre à la question d’une participante : comment faire le lien entre la philosophie et le grand public ? Pierre répond : “L’idée générale, c’est de créer une association, un tourisme gourmand qui mette en avant la diversité de notre gastronomie. Nous sommes allés investir Toulouse pour développer nos circuits de distribution. Nous formons nos propres vendeurs à ce tourisme gourmand, car notre produit a une histoire qui prend racine au pied du Pic Saint-Loup !”
Présente lors de la journée Innov’action, Régine Floutard explique sa démarche : “Je cultive des plantes méditerranéennes depuis l’été 2017 sur le domaine de l’Oulivie. Etre au milieu des oliviers est une chance, car c’est la première plante médicinale pour réaliser des macérats.” Elle cultive ainsi sur 3 000 m2 : thym citron, romarin, estragon, myrthe, camomille, lavandin, lavande aspic, sauge, hélichryse, géranium rose, khella, monarde, sarriette ou encore vignes rouges alicante et gamay mais aussi des engrais verts tels le tournesol, la moutarde, la phacélie, ou encore la luzerne. Et pour les hydrolats, elle vient tout juste de recevoir son alambic, il y a quelques jours !
Enfin quant à la récolte, cette année, l’Hérault fait état d’une faiblesse des volumes en olives. “Nous aurons très peu de lucques. C’est lié au froid de cet hiver qui a stoppé la croissance de l’arbre”, note Roch Vialla. “Les olives vertes sont déjà récoltées. Nous avons obtenu 20 à 30 tonnes de lucques, et 5 tonnes de picholine. Nous devrions récolter 7 à 8 tonnes d’olives noires en variétés olivière, lucques et amelo.”

Anne-Solveig Aschehoug

 

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