Gard : Les IGP résistent bien

Publié le 19 octobre 2018

Avec une augmentation de 27 %, l'IGP Gard connaît la plus forte progression en volume sur dix mois (selon le CIVL).

Le 15 octobre, au Wine Bar de Nîmes, la Fédération des IGP du Gard présentait ses premières estimations des récoltes 2018, et affichait ses positionnements pour gagner des parts de reconnaissance.

Un millésime de contrastes. 2018 aura connu une année climatologique aux effets à géométrie variable sur le vignoble. Idem pour la pression du mildiou qui a touché tous les bassins de production, mais avec des conséquences inégales selon les secteurs et les cépages. Alors que l'IGP Gard bénéficie d'une progression de 27 % en volume, les rosés tirent leur épingle du jeu (+ 20 % en valeur), et les rouges se maintiennent (+ 23 % en hl et + 7 % en valeur).

Récolte : + 30 % qu'en 2017

Vu la précocité anormale du millésime 2017, l'année 2018 se situe dans la moyenne de 2016, 2015 ou 2011, d'après les analyses de maturité de l'ICV. Malgré les épisodes de grêle de la fin mars et l'humidité printanière, terreau fertile du mildiou, les conditions climatiques lors des vendanges ont permis une récolte étalée sur plus de neuf semaines. "A ce jour, les estimations tournent autour de 3,3 Mhl dans le Gard", note Gérard Sanchez, directeur de l'ICV du Gard. Une évaluation plus prometteuse que les 2,5 Mhl catastrophiques de l'an dernier (+ 30 %), "dans la moyenne décennale, et un peu meilleure que ce que le risque mildiou laissait craindre, mais un peu moins qu'en 2016". Inégalement touchées, les vignes gardoises auraient été atteintes pour des pertes d'environ 10 à 12 % en moyenne.
"La récolte dans la moyenne va aider nos vignerons sur le plan économique", se satisfait Denis Verdier. Alors que la faible campagne précédente avait permis d'économiser les stocks, "on a pu en écouler la plupart. Là, on ouvre cette campagne sur de nouvelles bases". Le président de la Fédération gardoise des IGP espère des prix de revient élevés pour les vignerons - "car l'application du respect environnemental a un coût" - sans que cela impacte trop le portefeuille du consommateur, en intégrant "le prix de revient dans le prix de vente".

Des IGP de proximité

Dans le cadre du projet de loi Egalim, les indicateurs intégrés aux contrats d'achats avaient été soumis par les interprofessions (IGP Pays  d'Oc, CIVL), des indicateurs de prix indexés sur divers éléments comme les salaires, le coût des intrants... Mais à l'heure actuelle, c'est encore sujet à discussion. "Ce ne sera pas pour cette campagne", prévient Denis Verdier. En attendant, les choix stratégiques des IGP du Gard (IGP Gard et les IGP de territoires, Cévennes et Coteaux du Pont du Gard) privilégient encore "la proximité", via la vente directe. "Pour les Coteaux du Pont du Gard (20 000 hl), il n'y a pas de négoce aujourd'hui. Quand notre image sera plus construite, il sera question d'un négoce qualitatif", prévoit leur président, Christophe Aguilar. Quant à l'IGP Cévennes, elle est "la deuxième IGP en Languedoc-Roussillon, après les Côtes de Thau, soit 80 000 hl". Valorisée en vrac, intéressant le négoce (Gérard Bertrand), c'est "l'IGP qui monte en puissance." D'autant que la carte du bio et des cépages résistants ne peut qu'être bénéfique, laissant plus de libertés que les AOC plus contraignantes, estime le président de l'IGP Coteaux du Pont du Gard.

S'ouvrir aux cépages résistants

Ainsi, la recherche favorisant la réduction des insecticides, à l'instar de la confusion sexuelle, "que l'on souhaite inclure au cahier des charges", déclare Denis Verdier, offre des perspectives prometteuses grâce aux cépages résistants. Destinés à être peu traités, 12 cépages sont inscrits au catalogue et "encouragés par l'Inao". Les essais sont actuellement menés sur 50 ha dans le Gard, dans le cadre de l'Observatoire national du déploiement des cépages résistants (OsCaR) conduit par l'Inra et l'IFV. "On s'oriente vers la conservation de cépages traditionnels en cépages principaux, et l'ouverture aux 12 cépages résistants comme secondaires", souhaitait Denis Verdier, avant le conseil d'administration devant statuer sur leur inscription au cahier des charges. Un rapport a d'ailleurs été commandé à des experts de la Chambre d'agriculture du Gard sur leur meilleure adaptation au territoire. "On compte un taux de renouvellement de 3 % par an", ce qui laisse présager "une montée en cépages principaux, pour qu'ils soient revendiqués".
Avec une ambition pour les IGP Cévennes (80 % en bouteilles et BIB) et Coteaux du Pont du Gard de "tirer de la valeur ajoutée et les positionner, notamment au niveau des Costières de Nîmes", l'IGP Gard jouit d'une "liberté d'expression", annonce Denis Verdier.
Le public pourra se faire son idée lors des Vignes Réboussières (28 octobre) et de ReGard sur le vin, la soirée découverte de ces IGP le 7 décembre, à l'Atria de Nîmes.

Philippe Douteau

 


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