Elections Chambres d’agriculture : la coopération se positionne

Publié le 23 novembre 2018

Boris Calmette, président de Coop de France Occitanie.

L’année 2018 aura été marquée par les échanges autour de la loi d’avenir pour l’agriculture, qui impacte notamment les coopératives. Le début 2019 sera ponctué par un autre rendez-vous d’importance : les élections professionnelles qui vont renouveler les équipes à la tête des Chambres d’agriculture. Face aux défis que doit relever l’agriculture, échanges avec le président de Coop de France Occitanie, Boris Calmette, qui apporte son soutien aux candidats des listes FDSEA sur l’ex-Languedoc-Roussillon.

En quoi l’échéance prochaine des élections des Chambres d’agriculture est-elle importante ?

Boris Calmette : “Nous savons que l’agriculture, dans le mandat qui s’ouvre, devra faire face à des enjeux importants, notamment sociétaux, avec une attente forte de changement des pratiques. Face à ces enjeux, la Chambre d’agriculture joue un rôle essentiel de diffusion de l’information, notamment technique, en association avec la coopération, pour son rôle économique.

Pour répondre à ces attentes, nous avons choisi de soutenir les présidents sortants dans l’Hérault et l’Aude?; la liste FDSEA qui se met en place dans le Gard ; ainsi que la candidature de Fabienne Bonnet, avec l’appui de la FDSEA66, dans les Pyrénées-Orientales. Fabienne Bonnet est également vice-présidente de Coop de France Occitanie, et présidente des Vignerons catalans.

Dès aujourd’hui, j’invite tous les agriculteurs à s’exprimer, et à voter, lors du scrutin de janvier prochain.”

Ce scrutin fait suite à une séquence importante de travail pour les filières qui ont chacune remise un plan. Celui de la filière viticole vient d’être présenté, quelles conclusions en tirez-vous ?

B.C. : “InterSud, c’est-à-dire les interprofessions vins associées aux métiers (coopération et vignerons indépendants) ont travaillé sur le plan de filière qui vient d’être présenté à Toulouse et Montpellier, la semaine dernière. Il contient les objectifs que la viticulture doit atteindre - en réponse aux attentes sociétales -, mais aussi et c’est important, il définit les moyens pour y parvenir. Plus local, plus vert, mais aussi avec une partie plus économique, ce plan de filière s’appuie sur la contractualisation et la mise en place d’un indice de prix. Je suis confiant par rapport à ces propositions, dans la mesure où nous les avons élaborées tous en ensemble. Je suis aussi confiant sur la construction des prix, mais il y a un préalable essentiel : c’est la mise en place des contrats pluriannuels entre acheteurs et producteurs. Plus globalement, tout ce qui peut conduire vers une meilleure rémunération du producteur est une bonne chose.”

La loi d’avenir induit des changements vis-à-vis des produits phytosanitaires, impactant les coopératives ?

B.C. : “Pour ce qui est de la séparation de la vente et du conseil des produits phytosanitaires, les agriculteurs ont besoin de recommandation, notamment pour s’adapter aux cahiers des charges de plus en plus nombreux. Ce qui m’inquiète, c’est que cette décision rajoutera des charges supplémentaires pour les agriculteurs.

Cette année, la campagne a été particulièrement difficile, aussi bien en conventionnel qu’en bio. Je ne pense pas que cela puisse remettre en cause l’engouement de la demande du marché pour le bio ; en revanche, je crois qu’il y aussi une place pour des démarches telles qu’HVE ou Terra vitis. Là encore, on voit qu’il sera nécessaire d’accompagner les agriculteurs dans le changement.“

Ces évolutions attendues du monde agricole ne se feront pas si le climat économique n’est pas propice. Comment voyez-vous l’avenir de la filière viticole régionale ? 

B.C. : “En ce qui concerne les marchés, je porte beaucoup d’espoir dans la naissance de l’IGP Terres du Midi, exclusivement d’assemblage, et qui vient compléter l’offre des vins de Pays d’Oc de cépages. C’est une dénomination qui manquait dans la pyramide de l’offre. Et j’y crois beaucoup, car tout le monde s’est mis autour de la table pour la créer : vignerons indépendants comme coopérateurs, ODG comme interprofessions.”

Propos recueillis par Magali Sagnes


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