Eco-emballage : Améliorer son impact environnemental

Publié le 26 octobre 2018

Entre 2007 et 2012, 106 000 tonnes d’emballages ont été évitées par les entreprises grâce à leurs efforts d’éco-conception.

Éco-emballage, recyclage, responsabilité sociétale des entreprises… Ces questions annexes à la fonction primaire de production doivent désormais être intégrées dans les stratégies d’entreprise. Elles peuvent être utilisées pour mieux communiquer, avoir une approche pro-active sur une législation qui risque encore d’évoluer dans les prochains mois. Bref, faire progresser l’entreprise. C’est en tout cas tout le message porté par Adelphe dans sa nouvelle feuille de route stratégique 2018-2022.

Bien sûr, c’est inscrit dans le marbre de la loi : la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est une obligation légale et a pour objectif d’améliorer la transparence sur l’activité des entreprises. Le but est double : en interne, ce rapport RSE annuel doit permettre aux entreprises de mesurer les conséquences de leurs activités sur leur environnement, sur la société et sur l’écosystème économique en vue d’améliorer leurs processus, afin d’avoir un impact plus positif ; en externe, il permet aux parties prenantes de l’entreprise de mieux comprendre l’implication dans le développement durable et la RSE de l’entreprise et, éventuellement, de mieux évaluer les conséquences, à moyen et long terme, de ses activités. Mais avant tout, la RSE doit se concevoir comme un levier de progrès pour l’entreprise. C’est tout l’enjeu que souhaitent mettre en avant Adelphe (voir encadré) et sa nouvelle directrice déléguée, Sophie Wolff. Cette société vient d’ailleurs de fêter ses 25 ans et a annoncé la mise en route d’une nouvelle stratégie pour la période 2018-2022.
“Notre mission est d’accompagner les entreprises pour les aider à améliorer leur impact environnemental. En cela, notre action est déclinée en trois axes”, explique la responsable : tout d’abord, faciliter la mise en conformité des entreprises par rapport aux obligations réglementaires et notamment celles portant sur la fin de vie des emballages ménagers. Ensuite, d’accompagner les entreprises dans leurs actions en éco-conception. Enfin, de les accompagner dans leur communication vis-à-vis des parties prenantes (consommateurs notamment), avec mise en avant des actions RSE menées sur différents supports.
“Notre objectif final est que les entreprises aillent au-delà des obligations réglementaires et se saisissent de cette opportunité pour mettre en place des actions RSE liées aux emballages. Notre action et notre accompagnement doivent leur permettre de réduire les quantités d’emballages mises sur le marché. C’est tout l’objet de notre nouvelle feuille de route 2018-2022”, résume Sophie Wolff.

Services et modules clé en main

Cette feuille de route propose un accompagnement sur l’éco-conception accompagné de divers services, notamment dématérialisés, à l’image du dernier né, ‘Feel’, pour facilitateur en ligne en éco-conception, mais aussi de modules pour tester la recyclabilité de tel ou tel emballage, ou de calcul de mini-ACV (Analyse du cycle de vie). “Les entreprises vitivinicoles sont en général des TPE-PME, pas forcément dotées d’un responsable RSE.” Ces outils, dématérialisés ou non, visent donc à faciliter le travail du vigneron en permettant, par exemple, de réaliser des diagnostics en éco-conception sur un emballage précis. À l’issue de la phase de diagnostic, le vigneron récupère un plan d’actions qui peut être mis en place immédiatement. “Ces outils sont gratuits pour nos entreprises clientes”, précise la directrice déléguée. Pour rappel, la contribution de l’entreprise vitivinicole à Adelphe est calculée en fonction du nombre d’unités de vente consommateur mises sur le marché.
Autre action proposée par Adelphe, la mise en place de groupes de travail dédiés à certaines thématiques de l’éco-conception. “Nous venons d’ail-leurs de créer un groupe autour des Bib – regroupant des industriels de la filière plastique, des recycleurs – car cet emballage représente aujourd’hui 40 % des volumes de vin vendus en France.” Pourtant si le carton est recyclable, la poche en plastique, ne l’est pas. Or, il faut savoir que dans le cadre du paquet ‘économie circulaire’ (approuvé par les États membres en mai 2018, ndlr), le plastique fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions, notamment de la part de la secrétaire d'État auprès du ministre à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson. La réglementation sur les plastiques devrait donc logiquement se renforcer dans les prochains mois. “Il faut trouver une solution de fin de vie aux emballages plastiques. Mais en attendant, nous devons travailler sur la question de l’amélioration de la recyclabilité de ces emballages, notamment sur les aspects de collecte après utilisation. Avec le nouveau groupe de travail, nous espérons avoir des propositions d’ici 2022. Nous allons lancer des appels à projet sur le sujet dans les prochaines semaines.”

Économies de matière, économies financières

Parmi les services utiles pour les vignerons, il faut aussi noter l’existence des diagnostics groupés. Le concept est simple : après un audit des emballages primaires, secondaires et tertiaires, un bilan avec un plan d’action est proposé. “Il ne s’agit pas de proposer des modifications en profondeur de toute la cave, mais bien de présenter un plan d’actions facilement réalisables et permettant des économies de matières, et donc, des économies financières.” L’originalité est que ces actions sont ensuite présentées à un ensemble de vignerons d’un secteur, “afin de diffuser et vulgariser les bonnes pratiques à mettre en place sur un secteur”.
Enfin, Adelphe va accentuer son offre de contrats collectifs, mis en place avec les fédérations viticoles. “Nous travaillons notamment avec le Comité Champagne, la Bourgogne ou, plus récemment, le ratafia champenois. La fédération fait le lien entre ses adhérents et Adelphe, et nous venons d’ailleurs de renouveler notre partenariat pour trois ans autour d’une ambition commune via un contrat collectif sur l’éco-conception avec le Comité Champagne.”
Toutes ces actions visent à sensibiliser les vignerons sur le dispositif vertueux qu’est l’économie circulaire et le recyclage des emballages. Un sujet sur lequel le Gouvernement est plus que sensibilisé et qui pourrait durcir, dans les prochains mois, la réglementation sur le sujet. n

Céline Zambujo


Viticulture/oenologieEmballage ; éco-conception ; RSE ; packaging ; bouteille : Bib