Des cultures maraîchères sous les arbres

Publié le 02 novembre 2018

Les plantations directement sous le rang n’ont pas apporté les résultats escomptés. ©YK

Le Civam Bio des Pyrénées-Orientales teste l’implantation de cultures maraîchères sous des abricotiers ou des amandiers. La courge et la patate douce ont été testées cette année.

Le projet Marforest a débuté en 2017, et doit durer trois ans. Il doit répondre à plusieurs interrogations : celle de la manière dont on peut optimiser les surfaces sur une exploitation agricole bio dans un contexte très tendu sur le foncier ; celle de la diversification des cultures ; et celle des revenus complémentaires que les deux premières stratégies additionnées peuvent générer. “Ce sont des problématiques très présentes dans les exploitations aujourd’hui : de nombreux arboriculteurs s’interrogent sur l’opportunité d’installer des cultures maraîchères dans les vergers”, explique Célia Dayraud, du Civam Bio des Pyrénées-Orientales, qui conduit les expérimentations. Deux sites ont été retenus : une parcelle du lycée agricole de Théza, et une parcelle de la Sica Centrex à Torreilles. Objectif ? Déterminer quel-les peuvent être les cultures intéressantes à implanter dans les vergers d’abricotiers ou d’amandiers. À Théza, le verger d’abricotiers est bien implanté puisqu’il a été mis en place en 2014. A Toreilles, il a été planté l’hiver dernier. “Nous procédons à un suivi économique des cultures que nous mettons en place, mais nous sommes aussi attentifs au temps de travail qu’elles réclament. À côté de cela, nous effectuons un suivi plus classique de fertilisation. Nous regardons si les cultures que nous ajoutons peuvent apporter de l’azote dans le sol. Nous avons mis en place un suivi phytosanitaire et de la biodiversité.” Pour cette première saison, ce sont des courges qui ont été testées selon des modalités différentes, dans le rang et en interrang. “Le choix s’est porté sur cette culture parce que c’est assez simple à conduire en bio. Cela dit, nous avons rencontré pas mal de difficultés. Les courges installées sous les arbres étaient arrosées en même temps que ceux-ci, et ont eu trop d’eau. De plus, nous avons connu à Théza une énorme attaque d’acariens, que nous avons pu contenir avec les lâchers d’auxiliaires”, ajoute-t-elle.

Un couvre-sol intéressant

Ces premiers essais se sont donc déroulés dans un contexte pour le moins compliqué. Première conclusion : il faut revoir les modalités d’irrigation des arbres au risque de rater ces cultures. “Globalement, les cultures sous le rang n’ont pas donné les résultats espérés. C’est bien moins réussi que les courges placées en inter-rang.” Les rendements ont toutefois été bons : environ 6 kg de courges au mètre carré avec un calibre compris entre 1,2 et 2 kg.
L’autre culture de diversification, mise en place à la Sica Centrex, était la patate douce, installée uniquement en inter-rang. Là, les rendements ont été plus convaincants : 35 tonnes à l’hectare, et un effet induit qui n’avait pas été forcément prévu : le couvert végétal que la culture a produit. “L’aspect couvre-sol de la patate douce est très intéressant. Les plantes se sont bouturées jusqu’au niveau du rang, et vont maintenant être gardées jusqu’à la première gelée, afin de conserver cette protection le plus longtemps possible”, détaille encore Célia Dayraud. Seul bémol : le taupin qui a provoqué de nombreux dégâts sur une parcelle sortie de la jachère. Une fois les courges récoltées, elles vont laisser la place à de nouveaux hôtes pour la durée de l’automne et le début de l’hiver. Ce sont du fenouil et de la scarole, mis en place avec un suivi identique à celui mené sur les courges. “Nous allons planter trois rangs de fenouil et trois rangs de scarole dans l’inter-rang. Ce sont des cultures qui seront récoltées avant que reprennent les premiers travaux directement liés aux arbres.” Le Civam Bio organisera d’ailleurs une journée “portes ouvertes” de ces essais financés par la Région et le Feader, le 5 février prochain.

Yann Kerveno

Lég : Les plantations directement sous le rang n’ont pas apporté les résultats escomptés.


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