Costières de Nîmes : nouvel élan pour le crocodile nîmois

Publié le 19 octobre 2018

Fanny Molinié-Boyer, vice-présidente, Bruno Manzone, président, Magali Jelila, directrice, et Manon Missongé, du Syndicat des vignerons des Costières de Nîmes, trinquent à la nouvelle dynamique de l'AOC.

Cette année, le Syndicat des vignerons des Costières de Nîmes s'est renouvelé. Nouveau bureau, nouveau président et nouvelle directrice. Pour autant, les bases stratégiques posées lors du précédent mandat, sous l'ère de Bernard Angelras, sont toujours le tronc commun de l'appellation, qui poursuit sa valorisation et sa position en Vallée du Rhône.

Six mois après l'arrivée de la nouvelle équipe à la tête de l'AOC, il était temps de faire les présentations. C'est chose faite lors de la conférence de presse annuelle des Costières de Nîmes, donnée au restaurant de Vincent Croizard, le 10 octobre, à Nîmes.
Souhaitant amorcer un "nouveau cycle dans la continuité", le président de l'appellation Bruno Manzone, s'est engagé dans la poursuite des actions menées par l'équipe précédente. Il est donc question de renforcer la position de l'AOC comme "référence qualitative en Vallée du Rhône", de concrétiser la démarche d'obtention d'une déclaration géographique complémentaire (DGC), dans l'optique d'une meilleure con-naissance des terroirs, de soutenir le développement de l'agroécologie et de l'AB, ainsi que de poursuivre les opérations de communication de l'AOC, telles que les très prisées Vignes Toquées et Nîmes Toquée.

2018, un beau millésime

A raison de 30 millions de bouteilles par an, les vins des Costières de Nîmes veulent perpétuer leur implantation au cœur de la ville, et demeurer les dignes ambassadeurs de son emblématique blason, ce crocodile autour d'un palmier. Le nouveau visuel de l'appellation a d'ailleurs fait plonger le fameux croco dans le verre...
Après un hiver sec et un printemps pluvieux (489 mm entre janvier et septembre, deux fois plus que sur la même période en 2017), les sols ont été suffisamment arrosés pour affronter un été très chaud. En raison de ce bon nourrissage hydrique des nappes et d'un bon feuillage, l'effet climatique estival a apporté de la fraîcheur aux blancs et aux rosés, a indiqué Fanny Molinié-Boyer, la vice-présidente. "La chaleur a apporté une belle concentration et de beaux tanins sur les rouges." Entre blancs et rosés équilibrés, grâce notamment aux entrées maritimes, et la "belle complexité" des rouges, on peut parler d'un "beau millésime", malgré des attaques disparates de mildiou, estime la vigneronne du Château Beaubois. Environ 200 000 hl sont espérés, en attendant confirmation des chiffres.

Première appellation bio en Côtes du Rhône

Remise en jeu chaque année, comme l'a fait savoir le nouveau président, la réputation des Costières est au cœur des enjeux de l'ODG, afin que "tous les vignerons soient toujours plus fiers de leurs vins". Et pour mieux faire valoir la qualité des produits, et "consolider l'identité des terroirs de l'appellation", l'AOC attend la reconnaissance des DGC de Saint-Roman et Franquevaux. "Sur ces deux secteurs, au Nord et au Sud, les sols sont homogènes pour deux climats différents", explique la vice-présidente. "Le couloir rhodanien au Nord, et les influences maritimes au Sud alternent puissance et concentration, et fraîcheur et élégance." Entamée il y a cinq ans, la démarche est en cours d'instruction, "pour définir les critères d'appellation" et "donner une meilleure définition de nos zones aux consommateurs". Le but avoué : pénétrer le réseau des cavistes, en jouant sur la forte proportion de surfaces bio, soit 25 % conduites ou en conversion AB. Ce qui en fait "la première appellation bio en Côtes du Rhône."

Progression du marché chinois

Dans la famille des AOC de la Vallée du Rhône, les Costières de Nîmes représentent 8 % des volumes, derrière les Côtes du Rhône régional (47 %), les Côtes du Rhône Villages (12 %) et les crus méridionaux (11 %). Grâce à la stratégie de valorisation engagée, les prix moyens en vrac sont en constante progression : de 74,90 €/hl en 2008 à 128 €/hl en 2018 pour les rouges, et de 72,80 €/hl à 127 €/hl pour les rosés. "Les volumes ne baissent pas forcément avec la montée en gamme", note la nouvelle directrice, Magali Jelila qui fait état de + 26 % des contractualisations (143 996 hl commercialisés) en un an.
A l'export, l'AOC pèse 8,1 % et performe particulièrement sur le marché chinois. Environ 25 000 hl au premier trimestre 2018, "des volumes importants par rapport aux autres appellations équivalentes, hors Côtes du Rhône", signale la directrice. En raison de la "bonne image des vins de la Vallée du Rhône, le troisième vignoble présent en Chine", d'un travail auprès des influenceurs chinois, reçus lors de Vignes Toquées, et d'une présence sur les salons pour former des professionnels du secteur, les volumes exportés ont augmenté de 10 % en 2017. Le marché progresse, mais reste concurrentiel, notamment sur les Bordeaux et les vins du nouveau monde.

Philippe Douteau

 


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