Château Mourgues du Grès : à chaque terroir, sa cuvée

Publié le 09 novembre 2018

Le Château Mourgues du Grès propose trois cuvées de blanc, cinq de rosé et six rouges. En AOP Costières de Nîmes, il distribue également un Bib dans les trois couleurs, baptisé Friandise, ainsi qu'une cartagène et une huile d'olive.

Au croisement des routes, entre Nîmes, Arles et Saint-Rémy de Provence, à quelques kilomètres de Beaucaire, le Château familial Mourgues du Grès vit au rythme de sa nature environnante, sans oublier de faire connaître son savoir-faire, par des offres traditionnelles et plus modernes. Connecté à ses racines et au bluetooth, le domaine du couple Collard tient à concevoir des vins en adéquation avec le

Dans la cour du domaine, à l'ombre des oliviers, l'été tire doucement sur sa fin. En ce début octobre, le Château Mourgues du Grès vient tout juste de rentrer ses dernières vendanges. Si François Collard évoque des “pertes mesurées” dues au mildiou (environ 10 %), il se dit “con­tent de ce qu'on a rentré”. Entre des grenaches plus sensibles et des syrahs qui ont mieux résisté, le vigneron propriétaire connaît son sujet : “le bio, c'est un métier d'observation, plein de remises en question”. Malgré cette année tristement “référence”, le couple Collard garde le sourire, surtout quand il s'agit de parler de leur domaine, construit autour d'une bâtisse du XVIe siècle, où les Ursulines se consacraient à l'éducation des jeunes filles. Du nom donné à ces religieuses, appelées aussi mourgues en provençal, viendrait celui du château des Collard. D'après François, le mot pourrait aussi trouver ses racines dans “mourguettes”, ces petits escargots à coquille blanche, friands de fenouil.

Des mosaïques de terroir

Le domaine, réparti sur 65 ha en plusieurs îlots, est une propriété familiale, léguée par les parents de François, qui ont fait éclore le Château Mourgues du Grès depuis 50 ans. Terre d'arbres fruitiers initialement, les vignes de syrah ont, peu à peu, pris le dessus. Les premières mises en bouteille au domaine ont débuté en 1993, raconte François Collard. En conversion bio depuis 2011, la totalité des vignes du couple Collard est intégralement menée en agriculture biologique. Essentiellement en AOP Costières de Nîmes, et une cuvée en IGP Pont du Gard, les vins de Mourgues du Grès sont issus de quelques vieux ceps, “deux parcelles d'une cinquantaine d'années”, signale François Collard. “Nous avons repris des vieux ceps de cinsault, pour ses textures plus légères que la syrah”, ajoute-t-il. Avec le rouge comme seule couleur dans les premières années de production, le Château s'est mis au rosé en 1996, puis au blanc au début des années 2000. “Les blancs ont un bel accueil sur leur fraîcheur, leur minéralité. C'est 20% de notre production.” Les rouges sont encore dominants (55 %) et les rosés, présents à 25 %.
A mi-chemin entre la Camargue et le Languedoc, entre Rhône et climat provençal, le site marie les cépages (syrah, grenache, viognier, carignan) au gré du mistral. Un contexte idéal pour des vignes conduites en AB. “Nous travaillons les parcelles en mosaïques de terroir”, explique le vigneron. Un terroir de Costières, aux sols de galets roulets (les fameux “grès”), au vignoble partagé entre coteau et plateau.

Plus-values (œno)touristiques

Distribués auprès des cavistes et des restaurateurs, les vins du Château Mourgues du Grès sont destinés à moitié au marché français, à moitié à l'export, dans une trentaine de pays, soit 400 000 bouteilles vendues. Engagés dans une démarche “militante”, dans une “mission de protection des terroirs”, Anne et François Collard, outre les classiques dégustations au domaine, proposent des activités bucoliques et gastronomiques sur leur vignoble, en pleine AOC Costières de Nîmes. Mis en place et développé par Anne depuis une dizaine d'années, le sentier des Mourgues est un parcours de découverte proposé aux visiteurs, pour mieux les familiariser avec l'environnement qui façonne les vins du domaine. Urbaniste de formation, Anne Collard a œuvré au développement de l'accueil au domaine, en misant, comme beaucoup d'autres, sur l'œnotourisme. Conçu “au-delà du vin, autour d'une évocation d'un art de vivre”, entre gastronomie et patrimoine, Anne a balisé les 3,5 km de sentier, agrémenté d'une vingtaine de bornes explicatives, sous la forme d'un inventaire en plein air de la biodiversité locale, à la rencontre de la faune et de la flore environnantes et de la variété des sols du domaine. Grâce à un partenariat ave le Centre ornithologique du Gard (COGard), une quarantaine d'espèces d'oiseaux a été recensée. Désormais, le sentier est connecté, jonché de balises en bluetooth, reliées à une application dédiée au parcours et au domaine, pour sensibiliser les scolaires, comme les marcheurs curieux à l'environnement, “à la magie entre territoire et vin, et pour expliquer l'histoire de chaque cuvée, la diversité du terroir”, tel que le conçoit Anne.

La formule gourmet

Pour ceux qui se sentent plus gourmets que randonneurs du dimanche, l'option “pique-nique vigneron”* proposée par le domaine est une autre façon d'aborder le terroir, et d'en apprécier les nectars, au cœur du mas agricole des Collard. Mis sur pied par Anne depuis l'an dernier, le concept entend “partager l'expérience au-delà du vin”. Puisque “chaque cuvée a un lien avec le terroir”, les gammes sont baptisées en référence aux galets (galets dorés : roussanne, grenache blanc et vermentino), au territoire, avec Terre d'Argence blanc en IGP Pont du Gard (viognier complété de petit manseng, roussanne, et grenache blanc, selon le millésime) ou rouge (vieux grenache et syrah, assemblées avec du carignan ou du mourvèdre selon le millésime), à la flore (Fleur d'Eglantine, rosé) ou aux abris de pierres traditionnels (Capitelles, dans les trois couleurs). Repérés par la plateforme ruedesvignerons.com, Anne a déjà organisé 200?pique-niques, avec le concours d'Alice, qui travaille au Château. Pour des tour-opérateurs américains ou australiens, comme des petits groupes, la formule comprend une visite, suivie d'une visite de la cave, et d’un repas, attablé sous les oliviers de la cour, ou dans les vignes, selon les envies et la météo. Les produits de proximité, et “le plus naturels possibles”, sont retenus pour composer le menu. D'autant que le frère de François, Pierre Collard, est arboriculteur aux Vergers de Beaucaire, tout proche. De la brandade de Nîmes, aux pêches et nectarines des arbres du domaine, il y a de quoi satisfaire les visiteurs. Sans oublier les vins maison, évidemment !

Philippe Douteau

 

 

 


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