Avant une année décisive, l'heure de l’inventaire

Publié le 12 décembre 2018

L'actuel président de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, Jérôme Despey a tenu à remercier les élus dont c'était la dernière mandature. A Jean-Charles Tastavy, Michel Pontier et aux autres qui ne renouvelleront pas leur mandat, il a salué "le trav

Ce 30 novembre, se tenait la dernière session de la Chambre d'agriculture pour la mandature 2013/2019. Pour clôturer près de six ans de mandat, Jérôme Despey et les élus de l'organisme consulaire, entourés des représentants des services préfectoraux et du Département, ont balayé les actions menées sur le terrain, les victoires emportées, ainsi que les points à améliorer pour la pérennité de l'agriculture héraultaise.

Forte de 9 000 exploitations, la ferme Hérault emploie 22 000 salariés agricoles (d'après les données de la Draaf en 2016), et a pris le virage de la transition écologique et de l'innovation, tout en essayant de répondre aux exigences sociétales en matière de produits phytosanitaires, désireuses de voir se développer un modèle de production et de distribution agricoles plus en phase avec des pratiques plus raisonnées. La dernière session de la Chambre, sous cette mandature, a permis à l'équipe en place depuis 2013 de dresser le bilan, toutes filières confondues, de l'accompagnement des agriculteurs dans leurs démarches administratives comme dans leur projet d'installation, au soutien des filières plus fragilisées.

Accompagner et accélérer la transition écologique

Tendance sociétale et environnementale oblige, la Chambre a dû prendre en compte les attentes en termes de développement durable et l'adaptation des exploitations. Le vice-président de la Chambre, Jean-Pascal Pelagatti a rappelé les démarches mises en œuvre pour "accompagner au mieux" les agriculteurs dans cette transition écologique et "pousser les exploitations à la multi-performance". Dans le cadre du plan Ecophyto, le département dispose de deux pôles et de 22 Fermes Dephy. "Un exploitant sur quatre est un agriculteur responsable", considère Jean-Pascal Pelagatti, qui se félicite de dénombrer 550 ha certifiés Terra Vitis. Reste cependant à booster un peu plus l'outil Mes Parcelles, utilisé par 280 abonnés pour l'instant. 

Avec 893 exploitations bio, représentant 11,7 % de la SAU (Surface agricole utile), soit 20 000 ha, l'Hérault a vu le nombre de producteurs bio tripler en dix ans. En 2017, 125 producteurs se sont lancés, dont plus de la moitié en viticulture, indique la Chambre. Selon les données de François Garcia, référent en agriculture biologique à la Chambre, 100 dossiers Pac en bio ont été accompagnés en 2016. En 2019, deux sessions de formation sont d'ores et déjà prévues ainsi qu'un partenariat avec six caves coopératives.

Consolider les filières

La Chambre compte cinq conseillers engagés dans le soutien aux changements de pratiques en fruits et légumes, grandes cultures, horticulture, et dans "l'accompagnement à la diversification des assolements en amont des dossiers Pac", qui prévoyait une diversité des cultures dès 2015 aux exploitations de plus de 10 ha, comme l'a signifié Michel Pontier, secrétaire général. Dans le cadre du guide du réseau régional SudArbo (techniciens arboricoles des Chambres d'agriculture, organisations de producteurs, centres d'études techniques agricoles, stockeurs de phytosanitaires…), 1 600 producteurs de la région bénéficient des informations techniques compilées et actualisées chaque année.

La filière F&L n'a pas été épargnée en 2018, confirme Michel Pontier qui dresse un bilan "mitigé". Entre le coût de main-d'œuvre pour l'asperge qui est plus élevé qu'en Allemagne, la campagne melon en partie gâchée par la pluie pendant la récolte et une surproduction lors des pics de chaleur, les producteurs n'ont pas été gâtés. Quant au blé dur, la filière enregistre une saison "catastrophique", marquée par la pluie. "Il a fallu trier et retrier. Une partie est partie pour la nutrition animale en Espagne." Alors que le blé dur couvrait 15 000 ha il y a cinq ans, "cette année, il va s'en semer 6 000 ha, c'est la dégringolade", annonce Michel Pontier qui prévoit la suppression de 6 000 ha, en cas d'arrêt du glyphosate.

Philippe Douteau


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