Arterris se penche sur les changements de consommation

Publié le 09 janvier 2019

Une table ronde autour des changements de consommation a réuni Régis Serres, Thierry Blandinières (InVivo), Christian Vienot (Nutrition & Santé), Xavier Riescher (Panzani), Jean-François Naudi (nouveau président d’Arterris), et Jacques Logié (directe

Le 13 décembre, à Carcassonne, le groupe coopératif Arterris a vécu une nouvelle étape de son histoire, avec la nomination de Jean-François Naudi à la présidence. Une nouvelle page s’écrit pour le groupe organisé autour de trois pôles : agricole, agroalimentaire et distribution.

Dix ans après sa création, Arterris est devenu un groupe coopératif régional de référence. Avec un chiffre d’affaires qui a dépassé le milliard d’euros, “le groupe a franchi un seuil psychologique important”, a déclaré en préambule, Jacques Logié, directeur général d’Arterris. Et cela dans un contexte qui n’est pas facile. Sur la collecte, “on n’avait pas vu cela depuis

40 ans : il a manqué 200 000 tonnes ; quant à la qualité, je ne l’aborde pas. Avec le conseil d’administration, nous nous inscrivons dans un plan à trois ans, selon deux axes : la réorganisation du groupe sur les approvisionnements, et la réorganisation d’usines de semences. En parallèle, nous allons continuer à investir sur tous les métiers, notamment sur la filière légumes de l’arc méditerranéen dans les prochains mois.”

Faire le choix de l’aval pour trouver de la valeur

Pour cela, l’assemblée générale a souhaité anticiper sur les changements de marché. Sachant que 65 % des Français se déclarent prêts à payer plus cher les aliments durables, avec des produits labellisés. La filière est un atout, car elle offre un cadre. “Nous, nous sommes producteurs, la valeur est assez faible à la production, aussi nous avons choisi d’aller vers l’aval, là où se crée la valeur. Nous sommes fournisseurs de matières premières. Dans les transformations de produits, nous pouvons nous diversifier.” De son côté, Christian Vienot chez Nutrition et Santé (marque Gerblé), a insisté : “Aujourd’hui, nous allons vers une alimentation plus saine et plus naturelle, car ce sont des marchés de niche, nous devons trouver de nouvelles différenciations. Nous sommes leader en France de l’alternative à la viande, mais nous devons chercher de nouveaux axes de différenciation. Le marché du sans gluten est en consolidation dans le monde.”

Xavier Riescher, président de Panzani, a rappelé : “Aujourd’hui, c’est un tournant important que prend Arterris avec ce changement de président, nous nous devions d’accompagner ce changement. Nous avons 12 usines en France, qui utilisent du blé dur. Nous avons un partenariat fort avec Arterris depuis 30 ans, avec des contrats pour développer les cultures. Aujourd’hui, le marché est bousculé, les céréales alternatives se développent, il y a une volonté d’avoir des produits moins transformés, c’est à notre avantage.” Quant à la RSE, la traçabilité et le zéro résidu, il rappelle qu’ils ont développé le programme ‘Respect’ pour répondre aux attentes sociétales. “Nous voulons réduire les pesticides, et arriver à zéro pesticide en 2025. Nous sommes en train de créer une filière française pour avoir du blé français 100 % zéro résidu de pesticides. Ce deal doit être un accord sur le long terme, et nous allons pouvoir le négocier avec la grande distribution. En parallèle, nous sommes en train de travailler des pâtes de Provence fabriquées avec le blé de Provence que l’on pourra vendre en France et même à l’international. Quant à l’équitable à la française, c’est une bonne idée. L’objectif est la valorisation des prix des pâtes françaises. Nous voulons profiter des Egalim pour avoir une meilleure rétribution des pâtes Panzani. A ce jour, le coût de production se situe à 220-230 euros la tonne de blé dur. Cela ne marche que si le distributeur accepte d’augmenter son prix d’achat. Pour moi, l’objectif est d’avoir du blé français cette année, et qu’on puisse passer ce surcoût à la grande distribution.”

Anne-Solveig Aschehoug

 


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